DUAIN // Ces Cohliens qui s’initient à la recherche en anthropologie

Fin mai, six étudiants de 5e année soutiendront un DU d’Anthropologie et image numérique (DUAIN, Université Lyon 2) en plus de leur projet de fin d’études. Les rapports qu’ils terminent décrivent une année d’enquêtes menée avec des étudiants d’anthropologie. Reportage.

 

Jeudi 26 avril, Le Rize accueille une soixantaine de participants un peu émus de se retrouver là, pour une rencontre de restitution sur leur année de formation. Par petits groupes de dix à douze, ils vont se succéder toute la journée dans ce centre culturel de Villeurbanne et raconter leur expérience d’une année d’enquêtes sur différents sites des environs de Lyon. Il y a là des étudiants de licence 3 d’Anthropologie de l’Université Lyon 2, et six Cohliens inscrits au Diplôme universitaire d’Anthropologie et image numérique (DUAIN), avec qui ils ont partagé six heures de cours hebdomadaires durant deux semestres, pour mettre en valeur des domaines de recherche aussi divers que l’espace urbain, la mémoire, le patrimoine, l’alimentation ou encore de la musique.

Les organisateurs ne boudent pas leur plaisir. Olivier Givre, l’enseignant chercheur qui coordonne cette journée de restitution avec une conseillère en ethnologie de la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes (ministère de la Culture), Marina Chauliac, a pu réunir tous les partenaires de son programme de recherche action en anthropologie. Et leur liste traduit un bel éclectisme.

 

 

Outre le Rize, sont venus participer le Centre de recherche de l’Institut Paul Bocuse, le Centre des Musiques Traditionnelles Rhône-Alpes (CMTRA), le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation (CHRD), le Centre de Ressources en Botanique Appliquée (CRBA) et le service culturel de la Ville de Givors. Tous avaient accepté de confier aux étudiants des missions de recherche, d’observation mais aussi d’intervention, pour enrichir leurs archives ou contribuer à des projets en cours (une exposition, une action de politique de la ville, un inventaire naturaliste…) par le biais d’entretiens, de recueils de données et de production d’outils de communication scientifique.

Enquêtes collectives

Chacun de ces partenariats a ainsi donné lieu à une enquête collective, restituée dans une volonté d’ouverture à un large public, comme en témoignent les intitulés des présentations : Et toque ! L’anthropologie à l’épreuve de l’assiette, (En)quêtes de mémoire. Approches anthropologiques de la jeunesse en temps de guerre, ou encore Des chansons et des roses. Les instruments de la culture à Givors.

 

 

Ce jour-là, on assiste ainsi à des projections de documentaires, de galeries photos, d’infographies et de démos de mini-sites largement commentés. En délivrant leurs résultats, les étudiants décrivent les petits bonheurs qu’ils ont eus à les réaliser, autant que les difficultés à surmonter. « Travailler à douze sur un projet de plusieurs mois ne va pas de soi », dira une étudiante en anthropologie.

Enseignement hors les murs

Le département de Lyon 2 est toutefois arrivé à ses fins. « Nous voulions un enseignement hors les murs, sur des sujets concrets donnant lieu à des rendus qui ne devaient pas être « académiques », au sens classique du mot, mais au contraire innovants », raconte Olivier Givre. « Les résultats des étudiants devaient être valorisables, c’est-à-dire utiles et exploitables pour nos partenaires ».

Dans la salle, on voit les intéressés acquiescer. La directrice du CHRD, Isabelle Doré-Rivé, salue « la maturité » du groupe qui a réuni les entretiens et les éléments d’archives de témoins directs de la Seconde Guerre. Stéphane Crozat, le directeur du CRBA, assure quant à lui que « les données collectées par les étudiants seront utilisées dans nos travaux de prospective destinés aux élus de la Métropole et des communes de la région lyonnaise ».

Dimension esthétique

Le rôle des Cohliens a été souvent souligné, à cette occasion. Notamment par le responsable du DUAIN, Denis Cerclet : « Peu d’étudiants ont l’occasion d’aborder la recherche comme vous l’avez fait. Cela montre à quel point la dimension esthétique est importante : elle permet de donner à voir à d’autres qu’à soi-même. Le dessin donne corps au message et donne à penser. Il permet de rendre le processus de recherche visible, compréhensible et intelligible ».

De leur côté, les six Cohliens inscrits au DUAIN ne regrettent pas leur charge de travail, ni l’esprit d’équipe à engager. « La démarche d’enquête scientifique aura été intéressante », estime Louise Nelson. En plus des investigations, les étudiants ont endossé les rôles de webmasters, infographistes et de monteurs de film. « Il fallait rendre les projets sexy », résume Laura Méheust, qui a mis au point un site clé en main (outils de navigation, photos et illustrations) sur une exposition du CHRD.

Lien historique

« Les recherches en anthropologie sont intéressantes, mais pas suffisamment diffusées », retient quant à elle Mélissa Troubé, bloggeuse et illustratrice pour son groupe. « Mettre en image du matériel d’enquête comme nous l’avons fait a permis de rétablir le lien historique entre le dessin l’anthropologie, souvent abandonné par le recours à la photo et à la vidéo », affirme Célia Brisot.

L’école et l’équipe de Denis Cerclet sont convenues de renouveler leur partenariat dans cet esprit, et de poursuivre leur collaboration sur ce diplôme presque aussi ancien que l’école. Il avait été créé il y a près de 30 ans par son fondateur, Philippe Rivière, avec le philosophe François Dagognet et les anthropologues François Laplantine et Christian Duverger.

 

 

 

 

Sont intervenus sur les projets suivants (cliquer sur le tire pour voir les projets) :

 

  • Frédéric Gide, 5e année option Jeu Vidéo
    Titre : Par monde(s) et par Vaulx
    Thème : Anthropologie et musique(s)
    Partenaire : Centre des Musiques Traditionnelles Rhône-Alpes
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