Premier emploi // Ils sont artistes layout chez Xilam

En un an, Xilam a engagé une dizaine de Cohliens pour renforcer les équipes d’animateurs de son nouveau studio lyonnais. Comment vivent-ils leur intégration ? Nous sommes allés le demander à Deborah, Antoine et Jim, diplômés en 2016.

Pôle Pixel de Villeurbanne, 13 heures passées. La pause déjeuner se termine et les artistes techniciens de Xilam rejoignent leur open space, envahi d’écrans larges et de tablettes maousses. La série « preschool » pour les moins de 6 ans qui les occupe actuellement, Paprika, leur impose de fournir leurs quotas de secondes animées chaque jour, mais on sent que l’ambiance est décontractée.

Une quinzaine d’anciens Cohliens ont pris leurs marques dans ce studio flambant neuf qui a ouvert au début 2016. Ce jour-là, on croise les mines réjouies de Jim Lachasse, Déborah Maman et Antoine Maucourt. Tous diplômés en juin 2016, tous engagés par le studio dans la foulée. « Le job dating nous a donné le premier contact », se souvient Jim. « On m’avait proposé de me rappeler après l’été. Mais j’ai préféré prendre les devants et faire la relance moi-même ! »

Miyazaki, la référence

Ils occupent des bureaux voisins, ont leur poste informatique attitré et se consultent souvent entre eux. « Bref, c’est comme si nous n’avions jamais quitté l’école », rigole Deborah. Leur affaire, c’est le layout : l’étape intermédiaire entre le storyboard et l’animation. « C’est le début de la mise au propre de ce qui est contenu dans le storyboard« , résume Antoine. « On compose les plans, les attitudes des personnages, les poses-clés dans le décor », détaille Jim. « On réfléchit aussi aux raccords », complète Deborah. « C’est à nous d’anticiper les problèmes d’incohérence graphique ».

Aucun d’eux ne s’était aventuré dans le layout, jusqu’ici, hormis peut-être Deborah. Au cours de son stage chez Folimage, elle avait appris à travailler les poses-clés et les intervalles. Mais Antoine, lui, avait surtout fait du concept art en jeu vidéo chez Artefacts, tandis que Jim avait planché sur des projets d’initiation à l’animation pour l’atelier AAA (Annecy).

« Xilam nous a formés sur Flash, puis nous a donné le choix des postes, raconte Jim : animateur, artiste BG (décor) ou artiste layout – ce que je préférais : le côté technicien, j’aime bien. C’est d’ailleurs un métier qui revient en force dans les studios d’animation ». Déborah rappelle que « Hayao Miyazaki a été le pionnier du layout en développant cette fonction chez Ghibli ».

Sentiment de liberté

A les entendre, les huit premiers mois ont été une partie de plaisir. « Ici, les gens ne te prennent pas de haut », retient Antoine. « Il n’y a pas de culte de la hiérarchie et les chefs animateurs prennent le temps qu’il faut avec les nouveaux ». « Notre avis est pris en compte », ajoute Jim. « Je me souviens que dès mon arrivée, un animateur senior était venu me trouver pour me demander ce que je pensais d’un de ses plans. En neuf mois, j’ai appris énormément ».

Dans pareil contexte, nos trois anciens Cohliens ne se font pas de bile pour les prochaines années. Ils disent avoir un sentiment de liberté professionnelle qui leur permet de tout envisager. Animateur-clé, réalisateur, storyboarder… « Le statut d’intermittent nous permet de ne pas nous sentir attachés », affirme Deborah. « Nous pourrons nous positionner sur les productions ou les studios qui nous intéressent. »

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