Sculpture // Pascal Jacquet représente Antoine de Saint-Exupéry pour l’aéroport de Lyon

A partir du 30 septembre et durant quatre semaines, l’école exposera la pièce modèle d’une sculpture de Pascal Jacquet, enseignant, qui travaille depuis cinq ans au projet de représenter Antoine de Saint-Exupéry à l’aéroport de Lyon. Entretien.

 

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Pascal, d’où vous est venue l’idée de réaliser la sculpture que l’école abritera dans quelques jours ?

C’est une histoire qui remonte à cinq ans. En novembre 2011, Benjamin Lebègue, ancien étudiant de l’école, me contacte pour m’interroger sur la faisabilité d’une sculpture. L’idée de départ était assez vague. Il partageait avec Alain Ravouna, passionné de BD, le projet de créer un trophée pour le festival Lyon BD que celui-ci présidait. Ils imaginaient mettre en scène Antoine de Saint-Exupéry avec un lion. Pourquoi Saint-Ex ? Parce qu’en plus d’être né à Lyon, d’avoir une renommée internationale et d’être un humaniste, l’écrivain était aussi dessinateur.

Tout en y réfléchissant, nous nous sommes fait la réflexion qu’il n’y avait aucune sculpture de Saint-Exupéry dans l’aéroport qui porte son nom. Ce fut pour moi une révélation. J’ai voulu réaliser cette sculpture. Pas par désir narcissique de « signer » la représentation d’un personnage illustre. J’étais surtout attaché à la dimension symbolique du projet. Ainsi, son lieu d’implantation ne pouvait pas être ailleurs que sur le site aéroportuaire. C’est un point de jonction emblématique entre le territoire régional et le reste du monde : un lieu de communication, de transmission. La sculpture allait être une allégorie des énergies en marche pour développer la région. Et ce qui génère ces énergies, c’est la transmission intergénérationnelle des talents. Telle a été notre ambition.

 

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Vous n’avez attaqué qu’au mois de janvier 2016 la pièce modèle, l’original à partir duquel sera tirée l’œuvre définitive en bronze. Que s’est-il passé, entre-temps ?

Il a fallu faire preuve d’obstination pour lever les obstacles réglementaires qui se sont présentés. Puisque cette initiative n’était inspirée par aucun appel à projet, ni par aucune commande publique, nous sommes allés chercher toutes les autorisations, une à une. D’emblée, nous avons eu le feu vert de la Succession Antoine de Saint-Exupéry-d’Agay pour utiliser l’image de l’écrivain. Mais nous avons mis trois ans avant de trouver les bonnes personnes qui allaient nous ouvrir leur porte, dans le groupe SNCF, pour pouvoir l’installer sur son terrain. Les choses ont pris tournure en juin 2014, quand nous avons signé avec son entité Gares et Connexions une convention d’occupation pour l’œuvre. Il fallait, de surcroît, qu’un acquéreur accepte de l’entretenir et de l’assurer. La Communauté de communes de l’Est lyonnais a accepté de jouer ce rôle. En contrepartie de son engagement, nous la lui céderons à titre gratuit.

Il nous fallait encore recueillir des dons pour financer toutes les étapes de fabrication de la statue. En décembre 2015, nous avons obtenu l’accord de la Fondation Bullukian pour porter le volet financier du projet. Les premiers mécènes, de leur côté, nous ont accordé près de 20 000 euros de promesses de dons. J’ai senti qu’il était temps de passer à la réalisation de l’oeuvre.

Votre modèle économique est-il assuré ?

Nous avons chiffré le projet à 260 000 euros. Pour le moment, nous autres, auteurs, continuons d’être nos premiers mécènes ! Nous avons pris à notre charge les tâches de conception, dont certaines ont fait intervenir le bureau d’études de la société Espace & Cie, spécialiste en agencement de décors de théâtre avec laquelle je travaille depuis 25 ans, et qui m’a accueilli sans contrepartie. Les montants collectés financeront les premières réalisations : la structure métallique sur laquelle j’ai modelé les personnages à l’argile, le moule en plâtre à creux perdus dans lequel nous avons tiré la pièce modèle en résine. Il y aura ensuite la conception-fabrication du socle en acier inoxydable. Il faudra enfin financer la prise d’empreintes de la statue en grandeur réelle, le moule à cire perdue dans lequel le fondeur versera le bronze, et le métal proprement dit.

 

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Qu’attendez-vous de la réception du 5 octobre ?

Nous insisterons sur le besoin de récolter les fonds nécessaires à la réalisation définitive, en bronze, de cette sculpture. Nous présenterons la pièce modèle, en grandeur réelle, aux premiers mécènes et aux acteurs économiques de la région. Nous sommes confiants. Le premier cercle des personnes qui l’ont vue a été conquis. Sa médiatisation devrait nous permettre de convaincre un grand nombre de donateurs. Nous avons prévu un petit documentaire sur les étapes de notre projet qui nous permettra de communiquer en direction des particuliers et des entreprises. Oui, cela nous demande de faire preuve de pédagogie. Mais c’est aussi mon métier…

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