Jeunes diplômés // Vent porteur pour Kotick, le jeu bi-média d’Alizée Favier

Le teaser de jeu vidéo dont elle avait fait son projet de diplôme sera bientôt un jeu bi-média sur l’écologie marine, vendu en librairie et sur les plate-formes d’applications. Alizée Favier a trouvé quelques bonnes fées pour l’aider à donner vie à Kotick, sa reprise du Phoque blanc de Rudyard Kipling : un producteur – le studio mosellan EJT-Labo -, un mentor – le studio lyonnais Kiupe – et une institution du secteur numérique, le pôle de compétitivité Imaginove qui en a fait une lauréate de son appel à projets de jeux innovants GMC Game. A 24 ans, la voici récompensée de son culot pour se faire connaître au printemps 2016, à quelques semaines des examens.

A l’époque, Alizée décide de participer au festival d’Annecy. Autant par goût du dessin animé, que pour rencontrer des professionnels : « Je veux faire de la direction artistique en jeu vidéo, mais j’adore aussi l’animation et l’illustration », explique-t-elle. « Je suis pas du genre à m’enfermer dans une case, je m’ouvre à toutes les disciplines du dessin ». Elle prend ses rendez-vous et embarque son book avec elle. L’un de ses entretiens sera décisif : c’est celui que lui accorde Etienne Jaxel-Truer, producteur du studio transmédia EJT-Labo. « Il s’est tout de suite montré enthousiaste », se souvient-elle. « Il m’a proposé de garder le contact et de faire de mon projet de fin d’études un vrai jeu, qui ait du sens ».

 

 

Phoque mignon en éclaireur

Destiné aux enfants, le Voyage de Kotick est l’histoire d’un petit phoque blanc qui conduit ses congénères loin des hommes qui les enlèvent pour les massacrer. Le joueur incarne un phoque mignon et bienveillant qui se fraye un chemin, en éclaireur, au milieu des dangers de la mer dont les activités humaines sont la cause : dans les glaces exposées au réchauffement climatique, dans les mers atteintes par les marées noires, au milieu de l’amas de plastique appelé le « 7e continent », et enfin au milieu de récifs coralliens menacés de disparition.

Pour ces quatre voyages jouables sur tablette, Alizée a réalisé quatre posters illustrés, qui seront vendus en librairie, et qui contiendront un code d’accès au jeu téléchargeable. Chacun d’eux recèle des énigmes dont la résolution aidera Kotick dans son voyage et sensibilisera le joueur à la protection de l’environnement. « Le poster appelle le jeu et le jeu appelle à se servir du poster », résume-t-elle.

 

 

Un prototype à l’automne

Une fois convenu, avec Alizée, de l’écriture du jeu et du dispositif de commercialisation, EJT-Labo s’est mis en quête de partenaires et de financements. En juillet 2017, ils ont remporté un ticket gagnant au GMC Game d’Imaginove, où il avait fallu « pitcher » son projet devant des professionnels. Grâce au dispositif sur lequel travaille EJT-Labo et au mentorat de Kiupe, qui leur apporte un coup de pouce en marketing et game design, Alizée a bon espoir de voir son jeu commercialisé : « Nous réaliserons un prototype cet automne, pour lequel je vais être engagée à plein temps pendant quelques mois », dit-elle. « Ensuite, avec l’aide du prototype, nous espérons trouver l’impulsion pour faire le jeu complet ».

En attendant, elle gagne sa vie avec ses autres activités : de l’illustration de cartes à jouer, du graphisme et du design d’interfaces de progiciels de gestion, pour un éditeur d’ERP.
De son côté, le patron d’EJT-Labo se félicite de son coup de coeur pour le travail d’Alizée : « J’ai craqué sur son univers visuel », affirme Etienne Jaxel-Truer. « De plus, elle est positive, capable de s’engager, de se remettre en question et de travailler vite. Elle est beaucoup plus professionnelle que son âge ne le laisse supposer ». A l’image de ces deux autres Cohliens auxquels il avait déjà fait appel, avant elle : Etienne Guiol, devenu dirigeant de BK studio, et Marina Roel, auteure, pour EJT-Labo, du livre augmenté Dessine-moi le vent.

 

Voir le teaser de « Kotik » : ici

Crédits : Alizée Favier, EJT-Labo.

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