Le siège de Kaifeng

Le siège de Kaifeng

Guillaume Nguyen

Promotion 2023

Spécialisation jeu vidéo

La dernière flamme de Kaifeng s’est essoufflée ; le roi s’est envolé avec le peu d’espoir qu’il nous reste. Les nuits sont rythmées par le son des pas des patrouilles de gardes, les exécutions et le déplacement des rats. Dans cette capitale autrefois florissante, je me glisse dans l’enchevêtrement des ruelles en ruines, endossant le rôle du traître. Je dois atteindre les remparts pour délivrer une missive aux Mongols, j’emprunte donc la grande avenue autrefois marchande pour atteindre une ruelle plus calme. J’avance, je passe au milieu des débris, des pots et chariots abandonnés ; la brume et le sol humide renforcent le froid du silence qui m’entoure. Et là, derrière un chariot, une lumière. La voyant bouger et entendant un bruit métallique je comprends qu’il s’agit d’un garde. Je dois me cacher, m’accroupir, changer ma façon de me mouvoir. Je passe de débris en débris pour ne pas me faire repérer. Un banc qui autrefois me permettait de me détendre me sert aujourd’hui de cachette et d’étape dans
mon déplacement. Je passe un garde, puis deux, puis je me retrouve bloqué. Un garde reste immobile et me bloque. Je me cache ; mais un autre garde semble entendre un bruit et décide de chercher non loin de ma cachette. Je retiens ma respiration. Je reste fixe. Lorsqu’il retourne enfin à sa patrouille l’autre garde décide également de se déplacer. Mon chemin peut reprendre et je réussis à atteindre la ruelle. Cette ruelle me permet de reprendre mon
souffle. Les habitants se rappelant de l’obligation de couvre-feu ferment leurs volets et éteignent les lumières sur mon passage. Pour tout signes de vie, des rats çà et là m’indiquant la direction et des grandes draperies rouges flottant au vent. J’atteins la fin de la ruelle. Un toit s’écroule. Cela me surprend mais aucun garde n’est attiré, la ville est en ruine et plus personne ne s’étonne de la perte d’équilibre de ses structures. J’aperçois devant moi les
charniers de la ville. La lumière brûlante des brasiers écoulant les cadavres que les gardes n’ont pas eu le temps de stocker et évacuer dans des chariots, m’éblouit. La brume semble plus épaisse, les rats plus nombreux. Je dois partir vite, mais un nouveau garde gêne ma progression. Il est dos à un mur et surveille le passage que je dois emprunter pour rejoindre la passerelle qui me permettra de rejoindre les quartiers aisés de la ville. Je pose un explosif peu puissant mais bruyant à l’angle de la rue, je me déplace jusqu’à une cachette de fortune et attends que la mèche soit consumée. L’explosif éclate. Le garde est alerté ; il se déplace ; il passe devant ma cachette. Heureusement, il ne me voit pas et pars chercher la source du bruit qu’il a entendu. Je profite de sa distraction pour atteindre la passerelle et poursuivre ma mission. Je quitte la passerelle et atteins les riches résidences de la ville. Elles sont le dernier obstacle avant le quartier pauvre jouxtant les remparts de la ville. La rue est sombre, cette obscurité me rassure. Néanmoins, au coin de la rue, à gauche je remarque de nouvelles lumières : il s’agit d’une nouvelle patrouille de gardes. Cependant, ceux-ci ne semblent pas bouger et me font dos. Je devrais pouvoir poursuivre ma route sans difficulté. Tout à coup, au moment de passer, un toit s’écroule. Les gardes se retournent et me repèrent. Ils me poursuivent. Je sais que si je suis attrapé je serai exécuté alors je me mets à courir. Les gardes sur la route me repèrent également, je dois les esquiver et toujours courir plus vite. Je fuis vite, toujours plus vite en direction des échafaudages à la fin de la rue. Je monte sur les échafaudages et pour mettre fin à la poursuite je me jette dans les débris de la fosse en contrebas en espérant survivre.

Le siège de Kaifeng

Le siège de Kaifeng

Guillaume Nguyen

Guillaume Nguyen

promotion 2023

Spécialisation jeu vidéo

Après avoir obtenu mon Bac ES j’ai intégré l’année préparatoire au dessin de l’École Émile Cohl. Si je voulais au départ m’orienter vers l’animation, j’ai pu expérimenter de nombreux champs lors de ma licence et réalisé que les filières artistiques du jeu vidéo me convenaient davantage. C’est lors de mes deux années de master en spécialisation jeux vidéo que j’ai pu découvrir des passions pour le technical art et les VFX , qui ont été déterminantes pour la production de mon jeu. Je suis actuellement Technical Artist chez Ubisoft