L’actu des alumni // Ivan Felbabel, directeur artistique de vidéos digitales

Ivan Felbabel, Directeur artistique

Il rêvait d’entrer à l’École Émile Cohl pour faire de la BD traditionnelle et de l’infographie. Voici comment Ivan Felbabel (promotion 2003) s’est spécialisé en édition et a décroché un prix d’animation à Annecy, pour finalement choisir de faire carrière dans la communication visuelle. Portrait d’un créatif touche-à-tout.

 

C’est un village de start-up et de travailleurs indépendants niché à Villeurbanne, dans une ancienne usine textile du quartier Zola-Pressencé. Ivan Felbabel vient y travailler depuis près de deux ans. Il est directeur artistique chez Wait for it, une agence de communication vidéo qui fournit aux grandes entreprises des films publicitaires, adaptés aux usages de l’internet mobile et des réseaux sociaux. Les choix créatifs adoptés, le ton des messages – jamais institutionnel – et une bonne stratégie média apportent à ces vidéos des centaines de milliers de vues.

 

Ses clients proviennent aussi bien de la high-tech, que du luxe ou des services aux entreprises. « Les agences spécialistes en vidéo digitale ne sont pas très nombreuses », souligne Ivan en traversant, un à un, les espaces de ce coworking dont l’aménagement donne au lieu des airs d’atelier d’artistes. Rarement, durant leurs études, les Cohliens choisissent de se projeter vers le secteur de la communication, pourtant certains s’y engagent ensuite comme illustrateurs, graphistes, infographistes, motion designers, directeurs artistiques ou directeurs de création. Les exemples ne manquent pas : Ralph Lemaistre, gérant et réalisteur d’Ucéo Studio, Florian Piento, directeur de création du réseau social japonais Line, nos professeurs d’infographie Philippe Gallezot, Pierre Mazoyer et Olivier Ribbe, tous les trois free lance… Chez Wait for it, on compte deux anciens étudiants : Agnès Ceccaldi (promotion 2017 de la formation Dessin 3D) et Ivan Felbabel, donc, diplômé en 2003.

 

« J’avais en tête de faire de la BD en entrant à Emile Cohl, mais ma formation m’a vite donné conscience que je pourrais travailler l’image de différentes façons », raconte-t-il. Il se spécialise en édition multimédia mais c’est un film d’animation qu’il choisit de présenter comme projet de fin d’études. Ce coup d’essai lui vaut le prix des Espoirs de l’animation au festival d’Annecy… rien que cela ! Aussitôt après ses études, il reçoit plusieurs propositions mais ne continue pas dans l’animation. Il préfère se mettre à son compte en tant que directeur artistique free lance. Le bouche-à-oreille lui apporte une première mission, puis une deuxième, une troisième… sans discontinuer, durant huit ans. Il couvre alors tous les domaines du print, du web et de l’animation.

 

 

En 2012, il rêve de nouveaux défis, comme de monter sa propre équipe de graphistes ou de vivre une expérience à l’international. Une expatriation en Chine, à Shenzhen, avec sa compagne, lui donne l’opportunité d’avoir les deux à la fois. Il se fait engager comme directeur du service de design graphique et d’animation pour la marque Alcatel chez le géant chinois TCL, où il s’agit de créer les concepts de campagne et de les développer sur différents supports de communication. Il chapeaute une dizaine de designers, de toutes nationalités. Il exercera cette fonction durant cinq ans, à Shenzhen, puis à Paris. Entretemps, son service a doublé de taille.

 

2017, Ivan le manager aspire à « rentrer au pays » et apporter son expérience à une agence innovante et à taille humaine. Ce sera Wait for it. Hors travail, il dit continuer le dessin et remplir des carnets de croquis avec des projets de BD, par plaisir, mais « sans plus », précise-t-il : « Je suis fort pour réfléchir à des concepts publicitaires et les maquetter, mais plus du tout motivé par la réalisation longue et fastidieuse d’une illustration (rires)« . Parions qu’il revienne s’en expliquer à l’école : Wait for it a participé au dernier job dating et recrute régulièrement des Cohliens. Quelle que soit leur vocation pour la pub, l’animation, la 3D ou l’illustration !

 

 

Le tremplin du dessin

Selon Ivan Felbabel, les apports pédagogiques de l’école permettent à tout Cohlien de se réaliser professionnellement, quels que soient ses choix de carrière. Voici les points forts qu’il retient de sa formation :

 

  • Savoir répondre au sujet demandé. « A l’école, il nous était demandé de fournir des dessins justes, dans les temps, et qui répondent à l’exercice demandé. Mes professeurs m’ont transmis, en plus, le sens de l’exigence : pour une illustration commandée par un studio ou un éditeur, je devais en proposer trois et de préférence avant le délai imparti. Mes commandes ont grossi ainsi, par le bouche à oreille de clients satisfaits, et pas par mon sens du démarchage commercial (rires) ! J’ai compris que je gagnerais beaucoup de temps sur mes projets si j’en consacrais à mes entretiens de briefs, dans lesquels je cherche à sentir ce qui est important pour mes clients ».

 

  • Etre force de proposition. « Pour raconter une bonne histoire, il faut choisir parmi plusieurs pistes possibles et donc renoncer à la plupart. Ce message de mes professeurs continue de m’inspirer aujourd’hui ».

 

  • Etre conscient de ses aptitudes. « L’école nous donne les fondamentaux. On apprend à construire une image, à la mettre en scène, à avoir le souci du détail et à comprendre l’importance du sens dans le récit qu’on élabore. Avec cette base, j’ai senti que je pourrais à peu près tout faire en design graphique ».

 

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