Dans le cadre du partenariat signé entre l’École Émile Cohl et la Beijing Film Academy, l’école a été invitée au Festival de bande dessinée de la BFA, à Pékin. Parmi les représentants de l’école sur place, l’alumni Camille Benyamina (promotion 2010) est intervenue en tant qu’autrice invitée, avec une conférence intitulée De l’idée au livre. Autrice de bande dessinée publiée chez Casterman, Bamboo et Albin Michel, et artiste dans le jeu vidéo, elle revient pour nous sur cette expérience, sur ce que l’école lui a apporté, et sur les ponts qu’elle trace entre ses deux univers.
Cette invitation s’inscrit dans la dynamique de développement international. Pour en savoir plus sur les collaborations en cours avec les universités et studios chinois, retrouvez notre article dédié : Développement international : l’École Émile Cohl renforce ses collaborations en Chine.
Comment s’est passée ton expérience d’autrice invitée au Festival de la BD de la Beijing Film Academy ?
J’ai été chaleureusement accueillie par les organisateurs de la BFA (Beijing Film Academy). J’ai pu faire la connaissance d’autres conférenciers et auteurs invités, c’était très enrichissant. Nous avons également admiré une exposition de planches d’étudiants, et je dois dire que j’ai été surprise : je ne m’attendais pas à une telle écriture. J’ai beaucoup aimé les choix de composition, de mise en couleur, qui ne suivent pas les codes classiques que je connais.
J’ai aussi beaucoup apprécié le partage de nos cultures, en apprendre davantage sur les traditions chinoises. L’art y occupe une place très importante, tout comme les façades monumentales précieusement préservées du vieux Pékin, il permet de raconter leur histoire et leurs racines.

Ta conférence s’intitulait De l’idée au livre. À travers tes échanges avec les étudiants et enseignants chinois, as-tu relevé des différences d’approche de la BD entre la Chine et la France ?
En effet, hormis les cases et les bulles, j’ai été stupéfaite : les compositions semblaient casser la structure que je connaissais. Beaucoup de techniques variées, des écritures différentes, de la poésie aussi dans les choix de narration. L’intérêt de faire briller leur culture est très présent.
Je ne veux pas trop comparer, car j’ai peu de connaissances sur les thématiques récurrentes en Chine, mais en Europe, et au Canada, j’ai l’impression qu’on s’empare beaucoup de faits de société et de sujets sensibles pour sensibiliser le public et faire bouger les mentalités.
La différence majeure était plutôt l’utilisation assumée de l’IA , ce qui est redouté en France, et même combattu dans le milieu de la BD et de l’illustration.
Avec le recul, que t’ont apporté tes années à l’École Émile Cohl ?
Pour commencer, un apprentissage très solide des bases classiques du dessin. Je pensais bien savoir dessiner, mais le cursus de l’école nous permet d’affiner notre observation et notre compréhension du sujet. Tous les cours m’ont apporté quelque chose : les cours de bande dessinée m’aident au quotidien dans mon métier de bédéiste, les cours de sculpture à mieux comprendre les volumes, tout comme l’anatomie.
L’encadrement et la rigueur attendus à Émile Cohl m’ont également forgée : je m’impose quotidiennement une certaine discipline et une organisation considérable pour honorer mes contrats.

Tu travailles à la fois dans la BD et dans le jeu vidéo. Qu’est-ce que ces deux univers ont en commun pour un artiste ?
Les points de convergence sont nombreux : la recherche de concepts de personnages et d’environnements, que l’on retrouve dans les deux professions. Quand la BD est en couleur, la réflexion sur les choix de teintes se retrouve aussi dans le jeu vidéo. On recherche l’harmonie, on établit des codes pour représenter au mieux l’ambiance requise.
Je travaille sur des jeux mobiles, où la narration est moins présente que dans les jeux AAA, mais cet aspect reste vraiment commun aux deux univers. Il y a un immense travail pour obtenir un fil conducteur logique, une accroche, définir les traits de caractère des personnages. Et tout comme en BD, on ébauche des storyboards, on cherche de bons points de vue, on travaille beaucoup la composition.
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Dessinateur Praticien
en savoir +Maîtriser les fondamentaux du dessin de représentation et les techniques du dessin narratif : BD, illustration, animation.
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Spécialisation édition multimédia
en savoir +Se former au métier de Concept artist – Réalisateur en édition multimédia
En 2 ans après un titre de niveau 6 -
Formation Storyboard & Layout
en savoir +L’école a ouvert à Angoulême la première formation dédiée aux métiers du storyboard et layout. Cette formation en deux ans répond au besoin de recrutement sur ces deux métiers exprimé par les studios d’animation.