Matthieu Saghezchi se distingue aux Emmy Awards avec Baba Yaga, dessin animé en réalité virtuelle

Matthieu Saghezchi se distingue aux Emmy Awards avec Baba Yaga, dessin animé en réalité virtuelle

Le court-métrage dont il a pris en charge l’esthétique globale, “Baba Yaga”, a remporté mi-septembre, aux Emmy Awards de Los Angeles, les prix du meilleur média interactif, de la meilleure équipe de réalisation et du meilleur design de personnages. Matthieu donnera prochainement une conférence à l’école.

 

La figure surnaturelle de Baba Yaga a inspiré d’innombrables adaptations de ce conte russe dans les arts et la culture populaire. Elle n’en est plus à un avatar près, car voici qu’elle s’incarne aujourd’hui dans un dessin animé en réalité virtuelle, Baba Yaga, disponible sur Oculus Quest.

Ce court-métrage produit par Baobab Studios a été réalisé en 2019 et 2020 par Mathias Chelebourg, auteur et réalisateur de films en VR, et Eric Darnell, réalisateur et scénariste de la licence Madagascar.

Il a remporté trois Emmy Awards (les Oscars de l’audiovisuel) : prix de la meilleure équipe de réalisation, prix du meilleur design de personnages, et prix du meilleur média interactif.

Dans cette catégorie, Baba Yaga faisait figure de favori de la compétition. Près de 40 personnes ont été associées à sa réussite, dont près de 20 ingénieurs et techniciens d’effets spéciaux, pour seulement une dizaine d’artistes d’animation.

A leur tête, Matthieu Saghezchi (promotion 2010), directeur artistique prometteur, était intervenu en qualité de “production designer”, responsable de l’esthétique globale du film. “Le studio voulait donner une touche française à ce court-métrage. J’avais été contacté après avoir travaillé plusieurs années aux côtés d’Andreas Deja, animateur phare des studios Disney”, connu pour avoir notamment supervisé les personnages de Jafar, dans Aladdin (1992), Scar, dans le Roi Lion (1994), ou encore Hercule (Hercule, 1997).

“Sur Baba Yaga”, explique Matthieu, “j’ai cherché à m’éloigner le plus possible du rendu d’un jeu vidéo – ce pour quoi ont été faits les moteurs 3D en temps réel, comme Unity et Unreal Engine, que nous avons utilisés. Pour cela, j’ai réduit le nombre d’images par seconde pour apporter l’impression visuelle du stop motion, dont le rendu plus artisanal me semblait mieux convenir pour un dessin animé pour enfants”.

Son prochain projet utilisera à nouveau la technologie VR : il travaille actuellement sur une adaptation du Fantôme de Canterville pour Atelier Daruma, sur un projet hybride de Mathias Chelebourg, encore lui, devant permettre aux spectateurs de déambuler dans une mystérieuse maison victorienne. “On sera à la frontière du théâtre immersif, du jeu vidéo et de l’animation”, résume Matthieu, qui a pris en charge la conception des décors et des personnages, et produit des storyboards suivant différents points de vue d’utilisateurs de casques Oculus.

Comment passe-t-on, comme il l’a fait, de l’animation de séries TV au dessin animé en réalité virtuelle ? Ce sera l’objet d’une conférence que Matthieu animera bientôt à l’école, courant novembre. A suivre !

 

Voir son portfolio : https://www.matthieusaghezchi.com