Pauline Detraz, illustratrice de Kingdomino et Akropolis

Pauline Detraz, illustratrice de Kingdomino et Akropolis

Publié le 12 mai 2025

Ancienne élève de l’école, Pauline Detraz est devenue une figure reconnue de l’illustration ludique. Elle revient sur son parcours et livre ses conseils

Ancienne élève de l’École Emile Cohl, Pauline Detraz s’est fait un nom dans le monde du jeu de société. Son trait coloré et sa polyvalence ont séduit de nombreux éditeurs, de 10 Minutes to Kill à Kingdomino. Avec une vingtaine de jeux illustrés à son actif, elle partage son parcours, son attachement à l’école, et ses conseils pour les aspirants illustrateurs et illustratrices.


Comment es-tu devenue illustratrice de jeux ? C’était un objectif dès l’école ou une opportunité qui s’est présentée après ?

Je suis officiellement devenue illustratrice de jeux en 2015, avec la sortie de 10 Minutes to Kill, édité par La Boîte de Jeu.
C’est en accompagnant mon mari, alors jeune auteur, dans les salons ludiques que j’ai commencé à me faire un réseau : auteurs, éditeurs, illustrateurs… Mon premier gros projet était un prototype de jeu de gestion de ressources que j’ai illustré pour lui.
Ce jeu a atterri entre les mains de La Boîte de Jeu, qui m’a ensuite confié un projet Kickstarter très intense. Je devais illustrer en temps réel les éléments débloqués pendant la campagne !
C’est ainsi que tout a commencé. Depuis, j’ai illustré une vingtaine de jeux et cette activité représente aujourd’hui un tiers de mon travail.


Que retiens-tu de ta formation à l’école ? Y a-t-il des apprentissages ou des cours qui t’aident encore aujourd’hui ?

Un excellent souvenir, malgré les nuits blanches ! Ces quatre années m’ont apporté une rigueur qui me sert au quotidien.
J’ai toujours adoré les cours d’étude documentaire et de dessin d’objet, qui m’ont bien préparée à concevoir les environnements visuels des jeux.
Je n’avais pas choisi l’animation à l’origine, mais elle m’a rattrapée plus tard : je me suis formée au motion design par la suite.
Certains enseignants m’ont profondément marquée : M. Jacquet, M. Pauzin… La peinture et la sculpture me manquent, je les pratique encore, mais pour l’instant sans débouché professionnel.

Akropolis - Gigamic
Akropolis – Gigamic

Tu as illustré Akropolis (As d’Or 2023), Aquatika, Diferencio, et plus récemment une nouvelle version de Kingdomino. Qu’est-ce qui t’attire dans ce type de projets ?

Je suis trop impatiente pour faire de la BD ! J’ai besoin de variété : dessin, animation, 3D… Le jeu de société me permet de tout combiner.
C’est un domaine complet, avec une réflexion sur l’ergonomie, le style graphique, les univers visuels, voire la modélisation d’éléments de jeu.
Je m’y épanouis beaucoup, car chaque projet est l’occasion de tester de nouvelles techniques.

Kingdomino - Blue Orange
Kingdomino – Blue Orange

Comment travailles-tu concrètement avec un éditeur de jeux ? Tu interviens à quel moment dans le développement ?

Je rencontre souvent les éditeurs sur des salons professionnels. Ensuite, ce sont eux qui me proposent des projets.
Parfois l’univers graphique est déjà posé, parfois j’ai carte blanche. On échange beaucoup pour adapter mon style au gameplay.
J’aime changer de style d’un jeu à l’autre. Certains éditeurs ou joueurs sont surpris de découvrir que j’ai illustré deux projets très différents !
Je puise dans toutes mes influences, quels que soient les médiums. J’ai besoin d’apprendre à chaque projet — c’est ce qui me stimule.


Quels conseils donnerais-tu à un·e étudiant·e qui rêve d’illustrer des jeux de société ?

Le secteur est accueillant : beaucoup de professionnels sont bienveillants, et les salons permettent de se faire connaître.
La CIL (Charte des Illustrateur·ices Ludiques) propose aussi des ressources pour se lancer.
Cela dit, le marché devient plus concurrentiel. Il faut décrocher ce premier projet — ensuite, tout devient plus fluide.


Un mot pour les élèves d’aujourd’hui ?

Ne soyez pas paresseux ! Ce sont des métiers passionnants, mais exigeants. Il faut garder l’envie d’apprendre et de progresser.
Pouvoir en vivre est une vraie chance. Je souhaite ce bonheur à tous les étudiants motivés.


Un jeu que tu rêves d’illustrer un jour ?

J’adorerais travailler sur un UNLOCK! — c’est le genre de projet qui me motive le plus !


Retrouvez le travail de Pauline Detraz :

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image de couverture : Kingdomino - Blue Orange
shot pack matériel du jeu Kingdomnio : Blue Orange