Quentin Reubrecht, un homme pressé 

Quentin Reubrecht, un homme pressé 

Il enchaîne les films et séries à succès et se taille une jolie réputation de storyboarder, capable de s’adapter à toutes les contraintes de l’animation jeunesse (Kaeloo), de la série promotionnelle de jeu vidéo (Arcane) et du film d’auteur (J’ai Perdu mon corps, Le Sommet des Dieux). Rencontre avec Quentin Reubrecht, diplômé en  2015.

Comment se passe ta contribution à Arcane, la série animée inspirée du jeu League of Legends diffusée depuis l’automne 2021 sur Netflix ? 

Très bien, merci ! Je suis au cœur de la saison 2 depuis la fin 2020. J’ai été engagé par Fortiche Production après avoir été contacté par Christelle Abgrall, réalisatrice et storyboardeuse avec qui j’ai fait équipe en 2019 chez Folivari pour élaborer le storyboard du Sommet des Dieux. Elle-même avait rejoint Fortiche en tant que storyboardeuse pour la fin de la saison 1 d’Arcane, avant d’être épisodique director sur la saison 2. Nous sommes aujourd’hui une quinzaine de storyboarders pour Arcane, répartis en trois équipes. Je suis chef storyborder d’une de ces équipes, ce qui est un nouveau défi pour moi. Je suis tous les jours en contact avec les réalisateurs, Arnaud Delord et Pascal Charrue, et peux être amené à communiquer avec les autres départements artistiques de la production. Ce que nous réalisons représente énormément d’efforts, mais j’aime beaucoup.

 

Depuis ta sortie de l’école, tu n’as pas cessé de rebondir d’un studio à l’autre. Pourquoi cette mobilité ? 

Beaucoup de storyboarders changent de studio pour découvrir d’autres environnements, d’autres façons de procéder. Cela me convient bien car à titre personnel, je me préoccupe plus de suivre le projet que le studio. En 2015, j’étais tout juste diplômé quand Xilam m’a pris à l’essai comme assistant storyboarder – puis comme storyboarder – pour le développement de son premier long métrage, J’ai perdu mon corps. J’ai changé de registre en travaillant ensuite sur la série TV jeunesse Kaeloo chez Cube Creative, pour la saison 3, en 2016, puis sur la saison 4, en 2018. Entretemps, il y a donc eu J’ai perdu mon corps, dont j’ai fait aussi le teaser du film, puis l’adaptation par Patrick Imbert du Sommet des Dieux en 2019. Ce sont les rencontres que j’ai faites lors de ces films qui m’ont porté d’un projet à un autre, quand ce n’est pas la réputation de ces films qui a provoqué d’autres bonnes rencontres. Jusqu’ici, j’ai fait le bon type-casting !

Abordes-tu le storyboard de la même façon en série ou long-métrage ? 

Je travaille beaucoup en vidéo : l’image fixe n’est pas l’objectif de mon dessin. Je dessine vite et beaucoup, directement en animation. J’ai rarement des post-it près de moi pour imaginer les plans. Pour autant, on est à chaque fois sur des formes d’expression différentes en fonction de la personnalité du réalisateur ou des producteurs. On peut se contenter d’esquisser les expressions et positions des personnages quand on est entouré de techniciens de cinéma d’animation capables de se représenter le résultat qu’on veut atteindre. A l’inverse, le graphisme sera très poussé pour un clip publicitaire dont il faut convaincre les commanditaires.

Penses-tu déjà à ce qui viendra après Arcane ? 

Tous les jours, oui. Le moment venu, j’ai l’intention de conduire mes propres projets et de devenir à mon tour réalisateur. Je ferai certainement des films d’animation réaliste pour adultes, mais… en attendant, je retourne à ma série !

 

 

 

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