Première Page saison 2026 : Gabrielle Diaz, diplômée en cinéma d'animation, sélectionnée parmi 8 jeunes réalisateurs

Première Page saison 2026 : Gabrielle Diaz, diplômée en cinéma d’animation, sélectionnée parmi 8 jeunes réalisateurs

Publié le 25 septembre 2026

Diplômée de l’École Émile Cohl, Gabrielle Diaz a été sélectionnée parmi huit jeunes réalisateurs et réalisatrices pour la saison 2026 de Première Page. Un dispositif porté par la NEF Animation et Scalaé Productions, dont les films sont diffusés sur France Télévisions.

Chaque année, le dispositif Première Page offre à de jeunes diplômés en cinéma d’animation l’opportunité de développer et produire leur premier court métrage professionnel, accompagnés par des producteurs et diffuseurs nationaux. Pour la saison 2026, Gabrielle Diaz, formée à l’École Émile Cohl à Lyon, fait partie des huit sélectionnés. Elle revient sur sa formation, sur la résidence de cinq semaines à l’Abbaye royale de Fontevraud, et sur ce que représente cette première exposition grand public pour une jeune réalisatrice.

Aperçu des artistes sur le parvis de l'Abbay de Fontevraud pour le dispositif première page
© France TV

 

Son parcours en formation cinéma d’animation à l’École Émile Cohl

 

Qu’est-ce qui t’a amenée à choisir l’École Émile Cohl pour ta formation en animation ?

Je suis Lyonnaise et pendant mon lycée je me suis intéressée au dessin. Ma maman, ancienne libraire spécialisée en illustration jeunesse, avait rencontré quelques intervenants ou anciens élèves de l’École Émile Cohl et m’a donc conseillé les cours du soir de la petite école pour apprendre. J’ai réalisé là-bas que je souhaitais en faire ma carrière. Au départ, je pensais que j’allais finir par intégrer la spécialisation édition multimédia mais mon amour pour le cinéma s’est vite étendu à celui du cinéma d’animation qui devient alors, pour moi, l’un des meilleurs médiums pour raconter et vulgariser. J’ai choisi la formation à Émile Cohl pour la possibilité de réaliser un film de fin d’études seule, ce qui me paraît essentiel pour comprendre l’enjeu de chaque étape et affiner mon choix de carrière. La qualité des intervenants et le bagage technique de la la formation Dessinateur Praticien m’ont permis de m’améliorer en dessin mais aussi dans de nouvelles compétences de réalisation.

 

Quels enseignements ou moments de ta scolarité identifies tu comme les plus structurants pour ta pratique aujourd’hui ?

Je dirais que trois choses m’ont particulièrement marquée pendant mon apprentissage. Par l’étude documentaire et surtout le modèle vivant j’ai su que j’avais un faible pour la peinture et la représentation du réel. Retransmettre l’émotion d’un corps ou d’un visage par le cadrage, la touche ou la couleur d’une image est quelque chose qui me suivra dans ma pratique. La pratique de la sculpture m’a montré l’importance des volumes et la liberté que la matière peut apporter. J’ai compris avec le temps que je suis très touchée par la matière et les erreurs dans les œuvres. Dans mon travail, cela se ressent puisque j’intègre dès que possible des textures organiq ues. Plus le trait, le modelage ou la photo est lâché et plus l’œuvre finale me touche. Je tends vers ce côté maîtrisé mais spontané autant dans ce que j’écris que ce que je montre et j’espère un jour réussir à le retranscrire dans mes films. Enfin, les travaux de groupe du master d’animation et l’open space dans lequel nous étions ont été la clé de ma formation. Travailler avec les autres et pouvoir observer leurs méthodes sont deux choses qui me font progresser à toute vitesse. Je pense qu’une œuvre ne peut être que meilleure si elle a bénéficié des forces et des sensibilités de plusieurs personnes. Mais ça ne marche que si toutes les personnes impliquées y trouvent leur compte bien sûr.

Gabrielle Diaz 3e année Dessinateur Pratcien
Travail de Gabrielle en 3e année Dessinateur Praticien – Croquis Peinture

 

Tu as rapidement retravaillé avec Gaétan Duchesne et Jean Marinesco, deux anciens de Cohl, sur un court métrage pour le Département de la Drôme. Le fait de partager la même formation facilite-t-il le travail en commun ?

Bien sûr, je pense qu’avoir des bases en commun facilite la collaboration. Dans ce contexte, c’était surtout agréable car nous sommes très amis et nous avons pu alléger nos doutes, dus à la première réalisation professionnelle, en en discutant. C’était aussi plus facile de répartir les stagiaires sur nos trois films, car nous avons réalisé un film ensemble à Émile Cohl et savons donc sur quelles étapes chacun d’entre nous pourrait nécessiter un coup de main. Mais, ici, nous n’avons pas travaillé sur le même film car nous avions chacun à notre charge un court métrage d’une minute, La Drôme ayant commandé trois adaptations de lettres. Il est clair que je serai toujours heureuse à l’idée de retravailler sur des projets avec un ami de promotion. En sortant de la même école il est plus facile de savoir qui sont ceux qui partagent nos sensibilités et ont des compétences complémentaires aux nôtres.

Gabrielle Diaz, Jean Marinesco et Gaétan Duchesne à l'occasion du 400ème anniversaire de la naissance de Madame de Sévigné
Photo : Jérôme Duc-Maugé – Parmi les lucioles

 

Y a-t-il un projet réalisé pendant tes années à l’école dont tu es particulièrement fière ?

Je pense que mon film de fin d’études reste le projet dont je suis la plus fière. Même si j’ai beaucoup de choses à en redire et que je ne le referais pas de la même manière aujourd’hui, l’exercice était une bonne synthèse de mon parcours à l’école et un tremplin pour envisager plus sérieusement le métier de réalisatrice. Cette première expérience m’a donné des clés pour comprendre et progresser plus vite. Et j’ai hâte d’appliquer ce que j’apprends chaque jour dans mes futurs projets.


« La pluie aussi passera » de Gabrielle Diaz – Film de fin d’études

La résidence Première Page : cinq semaines pour développer son court métrage d’animation

Comment as-tu entendu parler du dispositif Première Page et qu’est-ce qui t’a donné envie de candidater ?

Jean-Charles Mbotti Malolo, Susanne Seidel et Benoît Chieux m’ont parlé de Première Page pendant leurs cours. C’était une période où je regardais beaucoup de courts métrages et j’ai donc été ravie de rattraper les saisons disponibles sur France TV. J’ai trouvé les films de très bonne qualité pour une sortie d’études et je me souviens avoir été assez impressionnée par le niveau. Je savais que je voulais tenter ma chance dans la réalisation et le tremplin proposé par ce dispositif est assez génial, mais j’avoue qu’au départ je ne pensais pas être au niveau, je pensais plutôt à continuer ma formation dans une école de réalisation comme La Poudrière par exemple. Celle qui m’a fait changer d’avis c’est Stéphanie Launay, que j’ai eu la chance de rencontrer au job dating proposé par Émile Cohl trois semaines avant le rendu des dossiers. Elle venait pour représenter le studio Komadoli, mais il s’avère qu’elle est aussi productrice de Première Page chez Scalae. Lors de notre échange, on a abordé l’appel à projets et elle m’a encouragée à tenter ma chance. J’ai passé les trois semaines suivantes à monter le dossier.

Travaux de RECHERCHES Amelie - Gabrielle Diaz
© 2027 / PREMIERE PAGE – SAISON 04 / SCALAE PRODUCTIONS / PICTANOVO – recherches graphiques de Gabrielle

 

Cinq semaines en immersion à l’Abbaye royale de Fontevraud avec d’autres jeunes réalisateurs et réalisatrices : qu’est-ce que ça change dans le rapport au travail créatif ?

C’est une expérience incroyable et c’est une grande chance que ce type de résidence puisse exister pour les jeunes réalisateurs. Rencontrer sept autres artistes, leur vécu, leurs projets, leurs méthodes, ça m’a énormément appris en peu de temps. De plus, même si nous travaillons chacun sur notre film, nous sommes tous sujets à la contrainte d’adaptation, nous avons les mêmes deadlines, les mêmes producteurs et diffuseurs. C’est très rassurant et encourageant d’avancer tous ensemble. C’était aussi très utile d’être coupés de notre rythme habituel pendant 5 semaines pour concentrer toute notre attention sur le développement de nos films. Du scénario à l’animatique nous sommes suivis par des professionnels comme Emma Degoutte et Bastien Dubois qui sont d’une aide précieuse. À mon avis cette première immersion participe grandement à la qualité finale des films Première Page, que j’évoquais plus haut.

 

Quelle technique d’animation as-tu choisie, et comment s’est construit ton univers graphique ?

Sans surprise, j’ai choisi de réaliser mon film à la peinture. Je vais faire une passe numérique puis un clean sur papier. J’ai choisi ce style graphique car il entre en écho avec le thème de mon film. Dans celui-ci une femme s’invente des contes extraterrestres (j’adapte “Contes liquides” d’Hervé Le Tellier) en regardant les passants par la fenêtre d’un café. Cela va engendrer une interaction avec un homme qui surprend son regard. Le monde extraterrestre et la réalité vont alors se répondre. Le choix de la peinture, en plus d’être à mon goût, retranscrit un effet croquis qui correspond au jeu d’observation de mon personnage et me laisse la liberté de déformer la touche et les couleurs au service du monde extraterrestre.

RECHERCHES_Peinture_Amelie_2_Gabrielle-Diaz
© 2027 / PREMIERE PAGE – SAISON 04 / SCALAE PRODUCTIONS / PICTANOVO – recherches graphiques de Gabrielle

 

La collection est diffusée sur France Télévisions. Qu’est-ce que cette première exposition grand public représente pour toi ?

Je réalise que c’est une grande chance de démarrer ma carrière comme ça. Cette diffusion sur France TV est importante pour moi mais je pense qu’elle est surtout nécessaire pour le monde du court métrage d’animation. L’opportunité proposée par Scalae, la NEF et France TV est un très beau tremplin qui montre qu’un intérêt est porté aux jeunes diplômés qui souhaitent se lancer sur cette voie.

Quels conseils donnerais tu à un étudiant de Cohl qui rêve de se lancer dans l’animation et la réalisation après son diplôme ?

Demande toi si tu souhaites réaliser ou plutôt être technicien.ne ou les deux car tout cela implique des choses différentes. Ce milieu propose un éventail de possibilités. Garde en tête que le secteur n’est pas en pleine forme mais il est difficile de prévoir à quoi il ressemblera demain. Aujourd’hui il est saturé d’artistes donc il est normal de prendre du temps à s’insérer, ça n’a pas forcément un lien avec tes compétences. Si c’est vraiment ce que tu veux faire, accroche toi. Mon parcours est en partie lié à la chance d’avoir rencontré les bonnes personnes au bon moment. Le meilleur conseil est peut-être de rester curieux et d’aller à la rencontre des professionnels dans les festivals ou les conférences. Et n’hésite pas à demander des retours ou des conseils aux artistes qui t’inspirent.

Le parcours de Gabrielle illustre ce que peut ouvrir une formation solide en cinéma d’animation : de l’atelier de modèle vivant à une diffusion nationale sur France Télévisions, en passant par une résidence professionnelle très sélective. Son film, adapté des « Contes liquides » d’Hervé Le Tellier, est à découvrir prochainement sur France Télévisions.

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